Développer une filière française bio-GNL carburant pour décarboner les transports

Le bio-GNL carburant, la seule filière renouvelable mature pour décarboner le transport routier lourd, génère de nombreux bénéfices pour un niveau de soutien financier limité.

La filière bio-GNL carburant est une solution mature et immédiatement mobilisable pour réduire à la fois l’empreinte carbone et la pollution atmosphérique du transport routier lourd de marchandises national et transnational, en complément des solutions adaptées au transport léger (mobilité électrique) ou au transport régional (bio-GNC). Elle s’appuie sur la dynamique actuelle du GNL routier actuellement en cours de déploiement chez les distributeurs
de carburant et les entreprises de transport.

  • Les véhicules GNV représentent déjà 2,5 %* des nouvelles immatriculations de poids lourds, et ils représenteront 10% des poids lourds en 2030 selon la PPE 2016.
  • La consommation de GNV pourrait représenter jusqu’à 67 TWh en 2030, et la distribution de GNL aux stations GNLC pourrait compter pour 13 et 20 TWh.
  • Le GNL permet aux poids lourds une autonomie de 1600 km.
  • Les poids lourds GNV testés en conditions réelles émettent de 43 % à 66 % moins de NOx que les poids lourds roulant au diesel.
  • La demande de bio-GNL carburant pourrait représenter entre 5 à 8 TWh en 2030.
  • Le bio-GNL carburant permet une réduction des émissions de GES de 88 % par rapport au gazole routier.
  • Pour rappel, les transports routiers de marchandises représentent 42 % des émissions de GES du transport routier.

En accompagnant la dynamique de développement rapide de la filière GNL carburant,la filière bio-GNL carburant apportera de multiples bénéfices à la collectivité, en particulier aux territoires ruraux. Elle permettra de valoriser des gisements additionnels de biométhane et de créer de fortes externalités positives pour l’économie nationale et plus spécifiquement dans le secteur agricole, en termes de revenus complémentaires, de création d’emplois, de diminution du recours aux engrais et de création de boucles locales de production
et consommation d’énergie.

  • Les externalités positives de la filière bio-GNL carburant pour la collectivité et pour le monde agricole peuvent représenter jusqu’à 39 €/MWh pour certains projets.
  • La filière bio-GNL carburant pourrait ainsi générer de 190 à 310 M€ par an de gains pour la collectivité et le monde agricole.
  • Elle permettra notamment de réaliser des économies de l’ordre de 30 à 50 M€ par an sur le traitement de la pollution aux nitrates des nappes phréatiques.
  • Elle permettra également des économies sur l’achat d’engrais azotés pouvant aller jusqu’à 3 €/MWh.
  • Elle génèrera 4,7 emplois pérennes (ETP) par unité type4 de bio-GNL carburant.

Le bio-GNL carburant, qui s’incorpore directement sans aucune limite technique dans les stations GNLC, a besoin pour se développer d’un dispositif de soutien financier qui compensera les écarts de coûts actuels entre la filière fossile et cette filière renouvelable et locale. Cet investissement sera générateur d’un effet de levier important au vu des multiples bénéfices environnementaux,économiques et sociaux décrits ci-dessus. Le soutien nécessaire à l’émergence de la filière bio-GNL carburant est comparable à celui de la filière biométhane injecté, les coûts supplémentaires liés aux étapes de liquéfaction et de stockage du gaz étant par ailleurs presque compensés par le prix plus élevé du GNL carburant par rapport au gaz de réseau.

  • Le LCOE5 du bio-GNL carburant est de 98 €/MWh pour un projet de 300 Nm3/h de biométhane, sachant que ce coût diffère en fonction des intrants et de la taille des projets.
  • Le coût de production du bio-GNL carburant est de 7 €/MWh supérieur à celui de la filière biométhane injecté pour un projet de 300 Nm3/h, mais l’investissement supplémentaire lié aux étapes de liquéfaction et de stockage du gaz est presque compensé par le prix plus élevé du GNL par rapport au gaz de réseau.
  • Le coût d’abattement de la tonne de CO2 du bio- GNL carburant par rapport au diesel s’élève à 162 €/tCO2e pour un projet de 300 Nm3/h.

Il existe des propositions opérationnelles pour bénéficier au plus tôt de la filière bio-GNL carburant en France.

Les acteurs de la filière proposent de mettre en place un mécanisme de soutien basé sur un complément de rémunération alloué projet par projet sur la base des coûts réels et d’une rentabilité cible pour favoriser le développement des premiers projets et permettre à la collectivité de disposer d’un retour d’expérience technique, économique et environnemental avant la généralisation du mécanisme.

Les étapes clés de la mise en place d’un tel mécanisme sont :

  • L’inscription du mécanisme de soutien au bio-GNL carburant dans la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM).
  • La préparation des textes d’application courant 2019 pour disposer d’un cadre juridique complet de mise en place du soutien financier.
  • La mise en œuvre opérationnelle du dispositif avec les premiers contrats de gré à gré de complément de rémunération signés en 2020 et la mise en service des premières unités en 2021.

Ecrit par

Laurent Blaisonneau

Laurent Blaisonneau

Madeleine Post-Legendre

Madeleine Post-Legendre

Sebastian Escagües

Sebastian Escagües

Adrien De Vriendt

Adrien De Vriendt

Laura Guignard

Laura Guignard