Renforcer la compétitivité de la filière biométhane française

À travers la Loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV), la France s’est dotée d’un objectif d’intégration de 10 % de gaz renouvelable dans sa consommation totale de gaz à horizon 2030. En plein développement, la filière biométhane française contribue à l’atteinte de cet objectif.

Dans cette optique, des acteurs clefs représentants de la filière (GRDF, GRTgaz, le Club Biogaz de l’ATEE et le Syndicat des Énergies Renouvelables), se sont associés dans l’élaboration d’une feuille de route industrielle pour renforcer la compétitivité de la filière biométhane française.

La modélisation de trois unités types, pour des capacités d’injection allant de 100 à 300 Nm3/h, aboutit à des coûts complets de production du biométhane variant entre 94 et 122 €/MWh, hors subvention. Ces unités, susceptibles d’être répliquées massivement dans les années à venir, nécessitent donc actuellement un soutien pour être viables économiquement et pour permettre l’émergence de cette filière.

L’identification de leviers précis au sein de ces thématiques et la quantification de leur impact sur les modèles économiques des unités permettent de projeter un coût de production du biométhane entre 65 et 85 €/MWh à moyen terme (2025-2030), soit une baisse de l’ordre de 30 % du coût de production par rapport à la situation actuelle. Une part importante de ces gains de compétitivité peut être saisie à court terme avec un gain potentiel de l’ordre de 20 % à horizon 2020-2025 à travers la diffusion de bonnes pratiques et la montée en puissance d’une filière industrielle française.

L’étude des modèles technico-économiques associée aux contributions des parties prenantes de la filière ont permis de dégager dix thématiques fortes sur lesquelles la filière doit s’engager pour renforcer cette compétitivité :

La filière biométhane est de plus génératrice de multiples externalités positives, que ce soit d’un point de vue énergétique (production d’une énergie non variable et stockable, renforcement de l’indépendance énergétique, etc.), environnemental (réduction des émissions de gaz à effet de serre, réduction des pollutions des nappes phréatiques, création de dynamiques d’économie circulaire sur des territoires ruraux, etc.) et économique (création d’emploi, réduction des coûts de traitement des biodéchets, etc.). Par rapport à une situation de référence sans biométhane, ces externalités positives correspondent à des bénéfices additionnels pour la collectivité à travers différents acteurs (l’État au sens de la collectivité, les consommateurs d’énergie, les producteurs de biodéchets et les agriculteurs). Le coût de production du biométhane doit être mis en regard de ces bénéfices additionnels qui peuvent représenter entre 55 et 85 € pour chaque mégawattheure produit.

Ecrit par

Clément Lefebvre

Clément Lefebvre

Damien Wiedmer

Damien Wiedmer

Laurent Blaisonneau

Laurent Blaisonneau