Biogaz domestique – Retour d’expérience au Rwanda

L’ONG Vétérinaires Sans Frontières Belgium (VSF-B) aide les populations locales à améliorer leur élevage et les aspects connexes tels que la gestion des ressources naturelles et le microcrédit. En 2013, ENEA a mené une étude pour évaluer l’opportunité pour VSF-B d’inclure un volet sur le biogaz comme source d’énergie domestique dans son programme d’activités au Rwanda. En 2014, VSF-B a lancé le projet EVE dont l’une des composantes pilote vise à installer 100 biodigesteurs en 3 ans, chez des petits éleveurs de la province Sud du Rwanda, en délivrant de l’assistance technique et financière. A la mi-2015, ENEA a mené une nouvelle étude pour VSF-B dans l’objectif d’évaluer le projet à mi-parcours, de réaliser une étude préliminaire d’impacts ainsi que d’élaborer des recommandations pour un changement d’échelle à la suite de cette phase pilote.

La sensibilisation ainsi que l’appui technique et financier des utilisateurs finaux sont les clés de succès d’un projet de biogaz domestique.

En septembre 2015, la moitié des 100 biodigesteurs était déjà installée, grâce à une approche particulièrement efficace développée par VSF-B et son partenaire local IMBARAGA. Celle-ci repose sur la combinaison d’efforts soutenus pour la sensibilisation des agriculteurs/éleveurs, avec des mécanismes de financement adaptés (subventions complémentaires au programme national et fonds de garantie pour du crédit) ainsi qu’un appui technique rapproché.

La robustesse de la technologie et les nombreux bénéfices qu’elle produit pour ses utilisateurs sont deux facteurs justifiant le très fort taux de satisfaction constaté sur le projet.

Les impacts du projet de biogaz sur le changement climatique et sur les conditions de vie des ménages se matérialise rapidement et seront pour la plupart mesurables à la fin du projet.

Le biogaz est utilisé pour la cuisson et pour bouillir de l’eau mais les combustibles traditionnels (bois et charbon de bois) sont encore d’usage pour les plats au temps de cuisson long, comme les haricots par exemple. Toutefois, on observe des gains importants en combustible traditionnels bien que leur mesure quantitative reste encore incertaine à ce stade du projet. Le biogaz apporte également une amélioration significative des conditions d’hygiène et sanitaire grâce à la réduction de l’exposition de individus aux fumées et à l’élimination des déjections humaines par le biodigesteur.

Bien que le biogaz soit une solution adaptée à une fraction restreinte des éleveurs au Rwanda, il existe un potentiel important pour diffuser la technologie, à condition que les subventions publiques soient maintenues.

La production domestique de biogaz implique de disposer de 2 vaches adultes au minimum et de souscrire à un crédit ce qui, au Rwanda, restreint l’accès à cette technologie aux classes les plus aisées et progressistes du milieu rural. Cependant, diffuser le biogaz domestique à plus large échelle dans les 3 districts d’intervention du projet EVE semble réaliste, à condition que les subventions publiques en cours soient maintenues.

Lors de cette première phase pilote, VSF-B et IMBARAGA ont accompli un travail important de diffusion de la technologie dans des villages où elle était encore inconnue ou méconnue. Les utilisateurs de biodigesteurs dans ces villages représentent désormais un puissant outil de diffusion de la technologie sur lequel s’appuyer dans la prochaine phase.